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Une philosophie politique de la corruption

Conférencemardi 22 Janvier 2019

Une philosophie politique de la corruption

12h15-13h15  |  Amphithéâtre de la MSH-Alpes

Organisé par la MSH-Alpes en partenariat avec l'Université Grenoble Alpes, Grenoble Alpes Métropole, Ville de Grenoble, Librairie la Dérive, Bibliothèque universitaire Droit-Lettres, Sciences Humaines, Villa Gillet.

Une conférence de Thierry Ménissier, animée par Isabelle Cogitore, dans le cadre du cycle "Avenue centrale. Rendez-vous en sciences humaines".

Cette conférence s’appuiera sur l’ouvrage « Philosophie de la corruption » de T. Ménissier (Editions Hermann, 2018).

La notion de corruption désigne la captation illicite de moyens publics à des fins privées. L’usage courant du terme laisse entendre qu’elle est sous-tendue par une forme de perversion morale ; le Droit l’emploie comme une catégorie juridique fondamentale pour préserver les biens publics de leur mise sous tutelle par la logique de l’intérêt particulier.
Ces deux dimensions peuvent être complétées par l’apport des sciences humaines et sociales, qui la considèrent comme un phénomène irréductible tant à la transparence sociale qu’à sa régulation par la politique et à sa suppression par l’éthique.  
En prenant en compte ces différentes dimensions, nous proposons une approche originale de la corruption, reposant sur une analyse philosophique inspirée par Machiavel, l'auteur républicain des Discours sur la première décade de Tite-Live. La corruption apparaît comme un mal parce qu’elle rompt la condition d’égalité entre les citoyens. Le fait qu’elle perdure dans les démocraties contemporaines sous des formes variées suggère une certaine faillite de la thèse de Max Weber à propos de la transformation des sociétés modernes progressivement régies par « l’autorité légale-rationnelle » ; cela souligne également la réalité d’un pouvoir social structurant, un pouvoir oblique dont l’ouvrage s’attache à comprendre la logique par l’observation de cas d’espèce.  
Le problème posé par la corruption ne peut se régler par une approche purement juridique ; on ne peut pas non plus, pour les démocraties pluralistes d’aujourd’hui, espérer ranimer la vertu civique des Anciens. Dans nos sociétés « d’après la vertu civique », traversées par certaines formes irréductibles du pouvoir oblique, quelle éthique publique est aujourd’hui possible ?  

Thierry Ménissier est professeur de philosophie à l’Université Grenoble Alpes, spécialiste de philosophie politique et membre du laboratoire Philosophie, Pratiques & Langages (PPL, EA 3699 UGA). Il est actuellement Vice-Président Recherche en charge des sciences humaines et sociales de l’Université Grenoble Alpes.

Entrée libre dans la limite des places disponibles