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Colloquemercredi - vendredi, 23 - 25 Novembre 2011

L'Expérience romanesque au XIXe siècle

9h00-18h00  |  Amphithéâtre de la MSH-Alpes

Organisé par Mme Catherine Mariette-Clot - Traverses 19 - 21, Centre d'Études Stendhaliennes et romantiques - Université Stendhal

Comité scientifique : Lise Dumasy, Marielle Macé, Michel Viegnes, Damien Zanone.
Comité d’organisation : Marie-Rose Corredor, Alain Guyot
Responsable scientifique : Catherine Mariette-Clot, Maître de conférence, au sein du CESR/Traverses 19-21, Université Stendhal - Grenoble 3.

Présentation

Partir d’une bonne définition du « romanesque » est délicat puisque le terme est aussi plastique et sujet à interrogation que celui de « roman » dont il tire son origine. Le romanesque sera ici envisagé non pas sur un plan générique mais thématique, le mot renvoyant alors à une atmosphère fondée sur une intrigue dont les deux ressorts principaux sont l’amour et l’aventure. Le XIXe siècle représente de ce point de vue un tournant, le moment où s’édifient un monde nouveau et une manière nouvelle de le dire.

Dans ce XIXe siècle de plus en plus prosaïque, le romanesque s’apparente à une valeur morale qui garde la trace de l’héroïsme et de l’esprit chevaleresques. Mais ces « aperçus d’un monde idéal » (George Sand, Leone Leoni) peuvent produire de dangereuses chimères : est romanesque celle ou celui qui n’a plus de défense critique, plus de distance pour juger de lui-même ce qui l’obsède, celui qui, désemparé devant le réel, tente d’inventer une parodie de la littérature en guise de vie. Cette crainte des dangers qu’engendre la lecture de romans - notamment chez les femmes qui en sont grandes consommatrices - n’est-elle cependant pas un poncif de la réception critique, une peur que la libération du désir n’entraîne un bouleversement de l’ordre des choses et donc le signe d’une dévalorisation du mot dans la deuxième moitié du XIXe siècle ?

Il faudra donc analyser les particularités de cette « immersion fictionnelle » (Jean-Marie Schaeffer) et ses répercussions sur la vie des lecteurs, qu’ils soient fictifs ou non, à un moment de l’Histoire littéraire où le romantisme a favorisé l’expérience intérieure et l’essor de l’imagination.